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Epilogue: Le signe de Saül

macina

Quiconque aura lu ce qui précède ne sera pas surpris d’apprendre que l’impact de mes écrits est infime, et que l’est plus encore le nombre de celles et ceux qui croient à la doctrine et au témoignage qui s’y expriment.

Un si piètre résultat après des décennies d’étude, de méditation, de prières, et la publication d’une dizaine d’ouvrages, aurait de quoi me décourager si j’aspirais à une quelconque notoriété intellectuelle ou spirituelle. Dieu merci, tel n’est pas mon cas. Ce qui ne veut pas dire que je suis indifférent à la réception de ce dont je témoigne par la parole et les écrits. Si paradoxal que cela puisse paraître, c’est dans cette impuissance même que je puise ma force et que s’affermit ma foi dans ce que j’ai reçu, à l’exemple de Paul qui proclamait: «C’est lorsque je suis faible, que je suis fort[1]

Et si, d’aventure, on me demande comment, dans de telles conditions, je compte procéder, «concrètement», pour «faire passer» dans l’Église et dans le peuple chrétien ce que j’ai reçu de Dieu, je répondrai par la parole du Seigneur lui-même:

Jn 12, 24: …si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il demeure seul; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit.

 Et je pourrai partir en paix, certain que, si l’annonce du rétablissement du peuple juif, dont je témoigne, est bien «une parole de L’Éternel[2]», elle germera dans les coeurs d’un «reste  élu par grâce[3]», que le Seigneur suscitera, en temps opportun, pour qu’elle soit proclamée en témoignage à la face du peuple de Dieu, comme il est écrit:

De même que la pluie et la neige descendent des cieux et n’y retournent pas sans avoir arrosé la terre, sans l’avoir fécondée et l’avoir fait germer pour fournir la semence au semeur et le pain à manger, ainsi en est-il de la parole qui sort de ma bouche, elle ne revient pas vers moi sans effet, sans avoir accompli ce que j’ai voulu et réalisé l’objet de sa mission.[4].

………………………

Alors que je méditais, il y a peu, sur l’épisode de Jonas, le prophète, qui avait d’abord fui sa mission d’appeler les gens de Ninive à la pénitence, et m’étonnais du fait que le Christ ait érigé cet épisode en «signe» pour sa génération, je me sentis envahi par l’intuition puissante qu’à notre génération était donné le «signe de Saül».

L’expression n’est pas biblique, et à ce titre, elle n’aurait pas dû retenir mon attention. Toutefois, comme elle envahissait tout le champ de ma conscience, je me mis à y réfléchir. Dès lors, tout s’agença dans mon esprit à la vitesse de l’éclair. C’est de son vivant que, suite à ses désobéissances répétées aux directives divines, ce premier roi d’Israël, choisi par Dieu lui-même, se vit rejeté et remplacé par David. Toutefois, contrairement aux moeurs du temps et malgré le fait que c’est Dieu lui-même qui l’avait choisi pour supplanter Saül et qu’il avait été oint par le même prophète Samuel qui avait auparavant donné l’onction à son prédécesseur, David s’est «gardé de porter la main sur lui[5]».

J’ai compris que cet épisode pourrait bien constituer une typologie prophétique de la situation qui risque d’être celle du peuple chrétien s’il persiste à s’enorgueillir, à s’endurcir, et à ne pas faire pénitence[6], comme l’y invitent pourtant les événements contemporains, et entre autres:

– l’abandon des juifs aux affres de la Shoah et l’impénitence qui s’est ensuivie;

– l’indifférence générale à la haine de plus en plus universelle et violente envers l’État d’Israël, désormais menacé dans son existence même;

– la mollesse des réactions de l’establishment religieux face à l’immoralité publique croissante en matière sexuelle, à la destruction systématique du mariage et de la famille tels que voulus par Dieu, à l’institutionalisation et au militantisme agressif de l’athéisme et de l’agnosticisme, et au fanatisme anti-chrétien de vastes courants issus de religions hostiles au christianisme, etc.

De même que Saül ayant compris sa disgrâce chercha à maintes reprises à tuer David, il est à craindre que, tel Judas, l’un des Douze, qui livra son Maître à ceux qui en voulaient à sa vie, un agrégat de peuples qui furent jadis chrétiens, séduits par l’esprit de l’Antichrist et en état de pré-apostasie, s’en prennent au peuple juif dont le rétablissement sur sa terre sera désormais patent, et le livrent aux mains des impies.

Alors prendra tout son sens le Psaume 2, quand il s’avérera que la personne singulière du Messie et la personne collective de son peuple ne font qu’un:

«Pourquoi ces nations en tumulte, ces peuples qui débitent de vaines paroles ? Les rois de la terre s’insurgent, des princes conspirent contre L’Éternel et contre son Oint […] Celui qui siège dans les cieux s’en moque, L’Éternel les tourne en dérision. Puis, dans sa colère, il leur parle, dans sa fureur, il les épouvante : c’est moi qui ai sacré mon roi, sur Sion, ma montagne sainte. J’énoncerai le décret de L’Éternel : il m’a dit : Tu es mon fils, moi, aujourd’hui, je t’ai engendré. Demande et je te donne les nations pour héritage, pour domaine, les extrémités de la terre ; tu les briseras avec un sceptre de fer, comme vases de potier, tu les fracasseras […][7]

On l’aura compris, j’espère, et le mode conditionnel utilisé plus haut en atteste, l’analogie développée ici n’est en rien une révélation comme celles dont j’ai fait état dans ce livre et dans les précédents. À son propos, je rappelle l’expression de Paul: «C’est moi qui le dis, non le Seigneur[8]». Ce qui ne l’empêche pas d’écrire dans un contexte similaire: «Pour ce qui est des vierges, je n’ai pas de consigne du Seigneur, mais je donne un avis en homme qui, par la miséricorde du Seigneur, est digne de confiance[9]». Et comme il va de soi que je ne puis me prévaloir de cette parole de l’Apôtre pour accréditer la mienne, je laisse à celles et ceux qui m’écoutent ou me lisent le soin d’exercer leur discernement à ce propos[10].

En tout état de cause, que cette métaphore du «signe de Saül» ait Dieu pour inspirateur, ou qu’elle soit le fruit de mon intelligence faillible, sa méditation  – pour peu qu’on ne lui confère pas une portée oraculaire – ne saurait nuire à la foi, et peut même, au contraire, contribuer à la compréhension du dessein de Dieu sur «les deux [peuples]» dont [Dieu] «a fait un» dans le Christ[11].


  1. 2 Co 12, 10.
  2. Cf. 1 Co 14, 29 et Za 11, 11.
  3. Cf. Rm 11, 5.
  4. Is 55, 10-11.
  5. Cf. 1 S 24, 16 et 26, 11.
  6. Cf. Rm 2, 5; 11, 20.
  7. Ps 2 1-2, 4-9.
  8. Cf. 1 Co 7, 12.
  9. 1 Co 7, 25.
  10. cf. 1 Co 14, 29, déjà cité plus haut.
  11. Cf. Ep 2, 14.

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